Linuque deux tete

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Mardi 21 mars 2006

L'herbe et le sang


Je  marche - c'est hier- dans les fagnes dures d'un pays proche, sublime réserve d'espace, sans doute ni demeure. Les pensées vagabondent et se bousculent, sol ne peut rester intact. Des traces de pas se font meurtrissures d'humanité. Aurais voulu la paix du dedans, mais à maintenir la plaine immobile, quand les troubles du monde déchirent la chair, la peau grandement se fatigue...
Et là-bas, sous le soleil, il pleut du sang.
On voudrait ici que la végétation protège. Un peu partout, des sapins élèvent des souvenirs tendus. Un oiseau traverse un ciel vivant. L'herbe est douce, fragile. On dirait la toison secrète d'une femme trop lointaine. Les couches de la mémoires s'entremêlent et le soleil s'éloigne, pour ne pas gêner. Le vent, devenu pâle, s'abandonne à l'éphémère du présent.
Je voudrais chasser ces pensées meurtières, fuir l'horizon trop noir, et ne voir que ces petits morceaux de lumière qui bougent entre les mousses. Mais comment poursuivre, quand la peau de la terre se restreint, et devient rouge?
L'éveil est cruel, la respiration poursuit le va-et-vient amoureux de l'échange, entre l'herbe verte de l'enfance, et le sang d'aujourd'hui.

Christian Noorbergen

Par Lève les bras t'auras du fromage - Publié dans : agencepsychiatric
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